Le chant plaintif de l'élu voyou
Coup sur coup, un chant plaintif vient d'atteindre les oreilles de Miguel Membrado et de Christophe Grébert. Miguel le 8 juin 2006 et Christophe le 15.
Si pour Christophe cela fait déjà la deuxième fois que son blog est attaqué ainsi à coup de justice par un « élu UMP 92 » qui, ni ne la paye de sa poche, ni ne la calcule bien, pour Miguel c'est une première, et son « élu UMP 92 » qui ne l'est pas (Miguel n'habite pas dans le 92), lui non plus ne paye aucun honoraire d'avocat de sa poche et perd plus qu'à son tour.
Ainsi, Manuel Aeschlimann n'aurait vraiment pas aimé les billets de Miguel des 19, 20 et 25 janvier 2006, tout comme notre pétition au Premier Ministre, pourtant signée par 819 personnes à ce jour.
Pour m'essayer à la psychanalyse d'un député-maire qui clame être un élu au delà de tout soupçon et qui pourtant passe sa vie dans les jupons de la justice (même si ce n'est pas toujours à sa demande), et ce aux scandaleux grands frais de ses administrés, je reporte ci-dessous les extrait desdits textes que je subodore être ceux qui contredisent l'image de marque que le même député-maire a, là encore, très généreusement financée avec l'argent de ses mêmes administrés, toujours sans la moindre gêne éthique.
Extrait du billet de Miguel du 19 janvier 2006
« Qui est ce député-maire, Manuel Aeschlimann, proche de Nicolas Sarkozy (son conseiller à l'opinion publique), qui semble être à l'origine de toutes ces attaques ? Comment un élu de la république peut-il se permettre de tels actes en toute impunité ? »
Extrait du billet de Miguel du 20 janvier 2006
« Est-ce qu'un député-maire de la république française a le droit de diffamer aussi violemment des personnes et une entreprise, en toute connaissance de cause, et d'après ce qu'on lit dans la presse, se donner le droit d'écrire de fausses notes des RG pour assoir ses dires et influencer les médias ? »
Extrait du billet de Miguel du 25 janvier 2006
« Un élu de la république a-t-il le droit de susciter une note des RG, de manipuler et censurer des médias (témoignage), le tout conduisant au licenciement de 23 personnes et mettant en péril le travail de dizaines de milliers d’autres, et cela pour abattre l'opposition associative dans sa ville ? »
Extraits de la pétition au Premier Ministre
« Des enquêtes menées par des journalistes spécialisés semblent accréditer la thèse selon laquelle M. Manuel Aeschlimann, député-maire UMP d'Asnières-sur-Seine et proche conseiller de M. Nicolas Sarkozy, serait à l’origine de la rédaction d'une note "blanche" des RG accablante pour le Président de l'entreprise et qui a mené à sa perte la société Mayetic (Carte de Presse, Libération). Celui-ci reprocherait en réalité à M. Bruno de Beauregard une activité associative en matière d’urbanisme un peu trop encombrante pour sa mairie. Ce procédé est d'autant plus scandaleux que M. Sarkozy avait promis à son arrivée Place Beauvau qu'il n'y aurait plus de note "blanche" (sans signature) des RG dont le seul but est généralement de rendre service à certains hommes politiques. »
Voilà donc les probables quatre extraits que Manuel Aeschlimann considère comme diffamant à son égard, car avec pareils agissements à son actif ainsi « rendus publics », il est évident pour tout un chacun que seuls une république bananière et l'UMP pourraient encore lui offrir un job.
Néanmoins, les faits sont têtus, et les questions posées par Miguel coulent de « sources ».
Alors que faire ?
Se muer en citoyen-esclave, voir changer de pays comme me l'a « aimablement conseillé » ledit directeur de cabinet (notamment condamné dans l'affaire des corbeaux et mis en examen pour dénonciation calomnieuse), ou plutôt faire savoir la vérité haut et fort à travers la blogosphère, puisque aucune presse n'a pour l'instant trouvé sa ligne éditoriale compatible avec ce que l'on avait à dire ?
Comme il paraît que nous sommes dans un Etat de Droit, et comme dans un pareil Etat nul ne peut, par principe, être condamné pour avoir dit la vérité, Miguel et moi avons fait le pari de la seconde option.
Or, nous sommes bien conscients que ce pari a été fait à nos risques et périls, car contrairement à Manuel Aeschlimann, nous payons de notre propre poche les honoraires de nos avocats, que ce soit pour nos plaintes contre les médias instrumentalisés à qui nous devons la disparition de notre job et de notre patrimoine professionnel de 10 ans, ou que ce soit maintenant pour nous défendre de la sienne.
Et si en plus le pari que nous avons fait sur l'Etat de Droit s'avèrait être le mauvais, et bien nous aurons en plus à payer, toujours de notre poche, nos condamnations.
Ainsi, cette plainte à l'encontre du blog de Miguel qui s'additionne à celles de Mayetic et de moi-même à l'encontre du Monde et de France 3, sont autant d'occasions concrètes de voir dans quel type d'Etat nous vivons tous.
Quoiqu'il en soit et en attendant que la justice fasse son oeuvre, j'invite à mon tour les citoyens-blogueurs à rejoindre au plus vite WebCitoyens.com, qui est une initiative indispensable relayée hier par Le Parisien, car si « les blogs de la France d'après » devaient triompher en 2007, bon nombre des « blogs de la France d'avant » n'y survivraient probablement pas.
Et quant à compter que le législateur rende impossible l'instrumentalisation de la justice par un « élu voyou » à l'encontre d'un blogueur, au préalable, je conseille à chacun de prendre connaissance de la composition de la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale.

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