Retour de flammes
Si vous n'avez pas encore renoncé à vous y retrouver dans l'incroyable mais malheureusement vraie « affaire Mayetic », j'avais déposé le 19 janvier 2006 une plainte contre le journal Le Monde qui avait abouti en juin 2006 au renvoi en correctionnel de Jean-Marie Colombani et de Gérard Davet, du chef de diffamation publique envers un simple particulier.
D'autre part, je vous disais ici le 26 octobre 2006 que suite à une plainte de feu Mayetic en janvier 2006 contre Le Monde et France 3, Jean-Marie Colombani et Gérard Davet du Monde ainsi que Patrick de Carolis et Willy Gouville de France 3 étaient tous les quatre mis en examen et renvoyés en correctionnel puisque leurs écrits ou paroles étaient « susceptibles de renfermer des allégations et imputations de faits attentatoires à l’honneur et à la considération de la société Mayetic ».
Pour rappel, dans son édition du 22 octobre 2005, Le Monde avait de la sorte déclenché l'exécution de Mayetic sur la place publique :
« Dans un rapport récent, la DST, au titre de ses activités de contre-espionnage, s’est émue de la situation [...] « Au regard de l’approche philosophico-religieuse de ... (moi), on peut s’interroger sur l’opportunité pour des organisations gouvernementales de faire appel à la société Mayetic pour ses solutions informatiques. » La direction générale des impôts, la gendarmerie nationale et même l’OTAN figurent parmi les clients de Mayetic. »
Et comme par hasard, cet article du Monde avait été le jour même suivi d'un reportage du 19/20 de France 3 Ile de France qui avait complété le tableau en y rajoutant le son et l'image :
« Depuis plusieurs mois la DST, les Renseignements Généraux examinent de près cette fondation [la Fondation Ostad Elahi, reconnue d'utilité publique]. Selon les enquêteurs français, les sociétés rattachées à elle, comme Mayetic Informatique, auraient infiltrées plusieurs organisations dont les plus célèbres : l’OTAN, la Gendarmerie Nationale et certains ministères. »
Ces épisodes étant rappelés, je vous annonce que dans le cadre de la seule affaire Mayetic (qu'il ne faut pas confondre avec le procès de mon association de quartier contre la mairie d'Asnières dont le délibéré en appel est attendu pour le 24 janvier 2007), je viens de déposer une troisième plainte contre X avec constitution de partie civile, mais cette fois-ci pour faux et usage de faux.
Cette plainte pourrait coûter très cher non pas à un lampion de service quelconque ou autre intermédiaire médiatique, mais au véritable instigateur de toutes ces attaques d'un autre âge contre mon association de quartier apolitique, contre l'un de ses membres faussement accusé de tentative de meurtre, contre la société Mayetic dont j'étais le président et également contre la Fondation Ostad Elahi, tous volontairement amalgamés au sein d'une imaginaire « nébuleuse sectaire », dans le seul but de détruire ce que cet instigateur considérait comme une opposition.
Car c'est bien le même instigateur qui a communiqué au Monde et à France 3 le tissu d'âneries estampillé RG & DST, lequel a transformé des journalistes irresponsables et incompétents en assassins par procuration d'une entreprise innovante française de 23 personnes.
En effet, l'ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000, article 3, Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002, nous indique que :
« Le faux commis dans une écriture publique ou authentique ou dans un enregistrement ordonné par l'autorité publique est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende. L'usage du faux mentionné à l'alinéa qui précède est puni des mêmes peines. Les peines sont portées à quinze ans de réclusion criminelle et à 225.000 euros d'amende lorsque le faux ou l'usage de faux est commis par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public agissant dans l'exercice de ses fonctions ou de sa mission. »
Mais au fait, qu'est-ce donc qui a pu mettre en évidence l'existence d'un faux et usage de faux dans cette histoire de république bananière, laquelle était déjà suffisamment scabreuse ?
Au risque de vous surprendre, eh bien Le Monde et l'actuel ministre de l'Intérieur ...
En effet, dans le cadre de ma plainte pour diffamation contre Le Monde, Jean-Marie Colombani et Gérard Davet m'ont notifié le 4 octobre dernier ce que la justice française appelle « une offre de preuve », c'est à dire des documents qui ont pour but de démontrer la vérité de leurs propos mentionnés ci-avant, et cette offre de preuve contenait notamment deux notes de la Direction Centrale des Renseignements Généraux (DCRG), l'une du 07/09/2005 et l'autre du 29/09/2005, toutes deux classées « confidentiel défense », ainsi qu'une note de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST).
La note DCRG du 07/09/2005 fut déclassifiée le 06/04/2006 et celle DST le fut le 19/07/2006.
Or :
- Curiosité n°1 : la note DCRG du 07/09/2005 est référencée sous le n°05-784 alors que celle du 29/09/2005 l'est sous le n°05-724 : ainsi, la seconde note DCRG se trouve avoir une référence antérieure à la première
- Curiosité n°2 : la note du 29/09/2005 qui est la seule que Gérard Davet reconnait avoir eu en main avant son article est à l'évidence une construction fantaisiste réalisée à partir de celle DCRG du 07/09/2005 et de celle DST : par exemple, la 3ème page de cette note suspecte n'est qu'un extrait de la dernière page de la note DST, avec écrit en haut et à la main, « extrait rapport DST »
- Curiosité n°3 : dans son courrier du 19/07/2006 adressé à la Cour d'Appel de Versailles
et publié dans L'Express du 24/09/2006 (page 4), Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, indique clairement que la note DCRG du 07/09/2005 constitue la seule et unique note de la DCRG
Ainsi donc, Mayetic aurait été mortellement diffamée au nom des RG et de la DST et par l'entremise du journal Le Monde, le tout sur la base de la note DCRG du 29/09/2005 qui existe bel et bien puisqu'elle a été depuis communiquée par Le Monde dans son offre de preuve, mais qui par contre n'est pas reconnue par le ministre de l'Intérieur, et donc par la DCRG ...
Donc, non seulement Mayetic aurait été démolie sur la base d'âneries que tout journaliste digne de ce nom aurait mis cinq minutes à démonter, mais en plus, tout porte à croire que ledit tissu d'âneries était en plus un faux document sur papier à entête DCRG.
Mais alors, qui aurait donc bien pu avoir intérêt à fabriquer pareil faux et à en faire usage, par exemple en le communiquant à la presse, et ce en tir groupé, et comme par hasard à quelques jours d'un important délibéré d'une certaine Cour d'Appel ?
Pour laisser le lecteur se faire une opinion, si tant est que cela ne soit pas chose faite depuis déjà fort longtemps, voici pour rappel quelques informations qui ont le mérite d'émaner de journalistes d'investigations, en outre non attaqués pour diffamation par le désormais célèbre plaintomane :
- 22 octobre 2005, sur les antennes d'Europe 1 :
« Sur le bureau de Manuel Aeschlimann, un gros dossier bleu. A l’intérieur, la liste de toutes les associations, de toutes les sociétés immobilières, le panorama complet des activités de la fondation Ostad Elahi. »
- 20 décembre 2005, sur le blog du journaliste Alain Hertoghe :
« Aux journalistes qui s'informent à la mairie d'Asnières sur cette affaire, Manuel Aeschlimann ou son directeur de cabinet, Francis Pourbagher, propose en effet, outre un volumineux dossier à charge contre la "secte", une rencontre avec ce témoin providentiel ... [...] les auteurs de la note des RG citée par Le Monde assurent que son inspirateur ne serait autre que... Manuel Aeschlimann lui-même. [...] Le député-maire d'Asnières dément évidemment cette présentation des faits. Il jure ses grands dieux qu'il a appris l'existence de la note des RG en lisant Le Monde. »
- 1er avril 2006, dans Libération :
Renaud Lecadre, journaliste d'investigation, écrit que Manuel Aeschlimann a assuré « le service après-vente » des notes blanches RG, en « en distribuant les photocopies »
- Mai 2006, dans le livre du journaliste Frédéric Charpier, « Nicolas Sarkozy, enquête sur un homme de pouvoir » (pages 259-260-267) :
« A l'automne 2005, [...] la presse débarque à la mairie, où le directeur de cabinet du maire remet aux journalistes des documents censés prouver l'existence d'une opération d'infiltration sectaire sur la ville [...] Quelques jours plus tôt, un grand quotidien national a mis le poids de sa notoriété dans la balance et répercuté l'inquiétude des services secrets français (en fait exclusivement la direction centrale des Renseignements Généraux) face aux activités de la prétendue secte [...] En septembre 2005, la direction des RG a réalisé deux notes, dont l'une avec des morceaux de l'autre, ce qui est assez courant. Ce qui l'est moins est qu'elles se contredisent sur certains détails [...] Ces notes, l'une datée du 7 septembre, l'autre du 27, ne sont pas restées longtemps secrètes. La plupart des journalistes en ont reçu des copies, ce qui constitue une violation caractérisée du secret défense, en théorie passible d'une peine de dix ans de prison [...] Ce jugement est rendu le 6 septembre 2005. On pourrait croire qu'il met un terme à la polémique. Le lendemain, la direction centrale des RG, qui semble ne pas avoir eu connaissance du jugement, rédige sa première note et quinze jours plus tard la seconde. On y parle d'adeptes sans fournir le moindre chiffre ni démontrer qu'il en existe. L'auteur de la note avoue d'ailleurs que leur nombre doit être insignifiant. En fait, il n'en sait rien [...] Pour l'essentiel, il reprend ce qu'a été écrit et diffusé sur Asnières depuis deux ans et a valu à un responsable de la ville d'être condamné pour diffamation. »
- 1er juillet 2006, dans Marianne :
« N'est-ce pas Manuel Aeschlimann lui-même qui a communiqué aux journalistes des copies des notes des RG qui ont nourri les reportages ? [...] les documents de la DST et des RG sont troublants à plus d'un titre [...] Le contenu des deux notes des RG est totalement à charge ; elles comportent des informations fausses aisément vérifiables [...] La date de publication de la première note intrigue : le 7 septembre 2005, soit au lendemain du jugement hostile à la municipalité, comme s'il s'agissait de «fabriquer» un document susceptible de déclencher une contre-offensive médiatique pour annuler l'effet délétère de la décision judiciaire pour l'équipe municipale [...] Quant aux notes des RG, certains membres de la hiérarchie policière doutent de leur authenticité. »
- 26 septembre 2006, dans L'Express :
« Le ministre a-t-il utilisé les moyens de l'Etat pour aider l'un de ses proches ? »
- 27 novembre 2006, dans Libération :
« Etonnante intervention de Brice Hortefeux (lieutenant de Sarkozy), en octobre, dans un forum consacré à l'exil aux Etats-Unis de deux fondateurs d'une start-up, Mayetic, placée en liquidation judiciaire après qu'une note des RG les désignait comme membres d'une secte : «Le ministre d'Etat [Sarkozy] est complètement étranger, j'insiste COMPLÈTEMENT, aux déboires de ces chefs d'entreprise [...] peut-être victimes de déstabilisation ayant pour origine le cabinet de la mairie d'Asnières. »
- 15 décembre 2006, dans une dépêche AFP :
« Contacté par l'AFP, le maire UMP d'Asnières, Manuel Aeschlimann, a réfuté ces accusations. Il admet avoir eu en main deux notes, mais il ne les a en aucun cas communiquées à la presse, affirme-t-il, précisant : "les deux notes m'ont été fournies par la DCRG après leur parution dans la presse". »
Curieuse coïncidence ou pas, ma nouvelle plainte a été enregistrée par le TGI de Paris en date du 12 décembre 2006, soit très exactement 1 an après le jugement du 13 décembre 2005 qui avait scellé la liquidation de Mayetic.
Et cette fois-ci, vue la lourdeur de la sanction potentielle, on peut penser que le « désigné volontaire » faisant office de lampion de service sera plus difficile à trouver que d'habitude ...

Bruno,
Ce que je lis ici est une excellente nouvelle. Le texte est une analyse pertinente des faits anciens, mais vrais. Je suppose qu'ils proviennent du corps de la plainte dont il est question.
Bravo donc pour cette heureuse et juste initiative en Justice.
Le combat continue et son issue sera positive.
Un ami actuellement aussi loin de sa maison pour contribuer aux futures victoires en faveur de la democratie.
Je souhaite que 2007 voie les victoires se multiplier, ceci pour tous les habitants de notre ville et pour tous les citoyens de France.
(Excuse les accents manquants, mon PC "parle" en langue anglaise seulement et informe Monsieur Charpier de cette initiative afin qu'elle soit "inscrite" dans son livre revu en 2007).
Bien amicalement tien. Tous mes meilleurs voeux vers toi et les tiens.
Philippe
Rédigé par: Philippe | 18 décembre 2006 at 15:22
Tout ça déconsidère nos personbnalités politiques.
On imagine les dangers du présidentialisme en France avec tout le pouvoir attribué au président.Il est prudent de promouvoir le parlementarisme .
Rédigé par: Patrouilleau | 18 décembre 2006 at 17:51
putain ... 15 ans !!!!
Rédigé par: manu | 19 décembre 2006 at 00:19
Bruno,
Je ne sais pas si ceci a rapport avec cela, mais un ami d'une ville de France sise dans le Sarkoland me dit que son maire est de plus en plus "blanc".
Pourvu que ta plainte n'y soit pour rien. Par contre, on attend un Jugement administratif de Versailles sur le retrait d'un mandat public hors la loi par ce maire...
Au fait, sais-tu si quelqu'un a vu Mme Le Gall-Pourbagher afin de publier son intervention, excellente et instructive, lors du Conseil Municipal du 14 dernier dans cette commune du 92?
Cela serait un plus pour la plainte, d'autant que cela vient d'un Conseiller Municipal exclu du groupe majoritaire.
Pour avis...
Rédigé par: Philippe | 20 décembre 2006 at 15:28
@ Philippe: une vidéo de l'intervention de P. Pourbagher se trouve sur www.asnieressurseine.free.fr/conseilmunicipal.html (il vaut mieux la faire passer une fois, puis la regarder...)
Rédigé par: japarthur | 20 décembre 2006 at 22:26
La bonne url que mentionne japarthur est celle-ci :
http://asnieressurseine.free.fr/conseilmunicipal.html
Rédigé par: Bruno de Beauregard | 21 décembre 2006 at 00:56