Pour prendre rapidement connaissance des tenants et aboutissants de cette affaire, je vous invite à commencer par cette introduction...
Genèse de l'affaire
Je me suis installé à Asnières-sur-Seine (92) en décembre 1992 et en 2000 j'y ai acheté une maison sur plan à un promoteur.
Les ennuis commencèrent en avril 2002 au moment de la livraison de cette maison car le programme immobilier auquel elle appartenait comprenait tellement de malfaçons qu'il fut l'objet d'un reportage de 11 minutes dans « ça me révolte ! » (M6).
En août 2002 je pris en urgence l'initiative de créer une association pour défendre tout le quartier face à ce même promoteur, lequel avait alors été renforcé par une grande surface et par la mairie d'Asnières.
Cette association de 350 membres fut alors diffamée et persécutée par la municipalité, à grande échelle et pendant des années.
En septembre-octobre 2005, n'arrivant pas à faire disparaître cette association qui venait en plus de faire lourdement condamner pour diffamation son adjoint à la communication, Manuel Aeschlimann alors député-maire distribua en main propre des notes blanches RG à nombre d'organes de presse, en toute illégalité.
Cette fois-ci Manuel Aeschlimann s'en prenait à moi non plus au titre de président de l'association mais en qualité de président de Mayetic, l'entreprise que j'avais fondée 10 ans auparavant avec Miguel Membrado.
Mayetic dont la Caisse des Dépôts était actionnaire à hauteur de 35% s'était rendue célèbre par son organisation 100% virtuelle (télétravail) et sa plateforme internet de travail collaboratif, mayeticVillage (250.000 utilisateurs répartis dans 100 pays).
Des entreprises et organisations telles la Fnac, PPR, Cegetel, France 3, la Mairie de Paris, l'OTAN ou l'OMS avaient également intégré mayeticVillage à leur système d'information et Orange le distribuait en marque blanche auprès des 50.000 PME de son pack ADSL.
Ces notes n'étaient le fruit d'aucune enquête des RG (les notes blanches RG ne sont jamais des enquêtes), ne comportaient aucun signataire et l'intégralité de leurs contenus provenait exclusivement de la mairie d'Asnières.
Trois médias et non des moindres tombèrent dans le panneau : Le Monde, France 3 Ile de France et le Vrai Journal de Karl Zéro.
Mayetic ne s'en releva pas : 35 jours après le déclenchement de ce tsunami diffamatoire Mayetic était contraint de déposer son bilan (et rachetée par Oodrive Technologies).
Pourquoi ce blog ?
J'ai ouvert ce blog exclusivement dédié à l'affaire Mayetic le 7 février 2006 en pariant que la transparence totale serait la meilleure défense face à une opération de diffamation de si grande ampleur.
Avec mon associé nous avions lancé le pavé dans la blogosphère quelques jours auparavant, sur son blog et dans une pétition en ligne, laquelle recueillit rapidement plus de 800 signatures (notamment auprès de nos clients).
Cette stratégie de communication de crise s'avèrera être la bonne : des centaines de billets
et de commentaires feront de l'affaire Mayetic, paraît-il, le 3ème buzz
de l'année 2006 dans la blogosphère française. Scanblog et
l'Observatoire des Présidentielles 2007 en feront même chacun une
analyse.
Pour le premier, « à la fois victimes et porte-voix de l’affaire, messieurs Miguel Membrado et Bruno de Beauregard, ex-fondateurs dirigeants de Mayetic, ont parfaitement su mettre à leur profit la capillarité des blogs, comptant sur le poids croissant que jouent ces derniers dans l’orientation de l’opinion publique pour pallier le manque d’intérêt pour le sujet de la part des médias traditionnels. »
Pour le second, « l'affaire Mayetic a déjà fait parler d'elle comme un cas idéal typique de stratégie d'utilisation du web pour médiatiser une affaire qui n'aurait surement pas, sans cela, fait autant de bruit. »
Finalement, grâce à ce buzz internet initié à partir de nos seuls blogs, la presse autre qu'informatique se mettra enfin à écrire à son tour, et même un livre y consacrera quelques pages.
Le sort du coupable
Le « Système Aeschlimann » avec ses nombreuses composantes d'un autre âge s'est effondré le 16 mars 2008, au soir du second tour de l'élection municipale.
Les énormes et habituelles manipulations de Manuel Aeschlimann n'auront plus suffi. Un arc républicain innovant a réussi l'exploit de lui reprendre la mairie.
Si Chateaubriand disait « qu'en général on parvient aux affaires par ce qu'on a de médiocre et l'on y reste par ce que l'on a de supérieur », alors effectivement « on comprend mieux la défaite de Manuel Aeschlimann ».
A peine descendu de son piédestal de maire, la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) s'est rappelée à son bon souvenir, une télévision nationale a révélé l'affaire des fichiers ethniques, le nouveau conseil municipal a rendu public sa gestion catastrophique, l'un de ses alliés de la première heure l'a cloué au pilori en vidéo, le syndicat des assistants parlementaires l'a affublé de « comportements voyous », Charles Pasqua l'a qualifié de « gars un peu fada », Le Canard Enchainé a révélé qu'il était au hit parade des députés « tire-au-flanc », Rue89 nous apprit qu'il « avait tendance à mélanger deniers publics et dépenses personnelles » et Le Point dévoila son statut de « banni » de l'UMP 92.
Le 13 mars 2009, pour une folklorique affaire de marché public, la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre l'a condamné à 18 mois de prison avec sursis et 4 ans d'inéligibilité.
